L’Etat cachotier, l’Etat condamné !

Dans les années 70, une certaine homogénéité à la rentrée au collège…

L’IPS, on en a déjà parlé.

C’est l’Indice de Position Sociale qui permet de décrire les inégalités sociales à l’école et d’étudier les relations entre la performance scolaire et l’origine sociale. 

En gros, l’Education nationale s’est rendu compte que plus les parents sont diplômés, plus ils ont des revenus élevés, plus le logement familial compte de pièces, plus il y a de livres à la maison, plus la fréquentation du théâtre ou des musées est importante… plus les élèves auront de chances de réussir leur scolarité.

Jusque là, rien de bien révolutionnaire…

Grâce à des questionnaires de rentrée, chaque académie dispose donc de l’IPS de chaque collégien et de chaque collège.

Et là, ça devient intéressant.

Car si le ministère de l’éducation nationale dispose bien de toutes ces données pour chaque collège, il a toujours refusé de les communiquer au prétexte que cela conduirait inévitablement à la publication de classements hiérarchisant les établissements scolaires selon leur composition sociale

En gros, il y a de la ségrégation entre collèges, mais si on pouvait éviter de le montrer, ce serait mieux pour tout le monde…

Il aura fallu la pugnacité d’un journaliste – Alexandre Léchenet – pour que la justice administrative oblige le ministère à transmettre la liste des IPS des collèges. (lire ici l’article du Monde)

Le jugement (lire ici) qui se fonde avant tout sur le droit de l’accès aux documents administratifs revient sur l’argumentation du ministère pour justifier son refus de transparence. 

D’abord, l’IPS est avant tout un outil de pilotage des politiques publiques éducatives, permettant, notamment la répartition des moyens financiers”. Ensuite « le ministère de l’éducation nationale fait valoir que la publication des données en cause serait susceptible de renforcer le risque de contournement de la carte scolaire et partant de préjudicier aux objectifs de mixité sociale”.

Bonne nouvelle : la mixité sociale serait un objectif de l’Education nationale !

Mauvaises nouvelles : L’Etat continue de penser qu’on règle la question de la ségrégation par plus de moyens et non pas par plus de mélange, et avoue qu’il n’est pas capable de faire respecter la sectorisation scolaire.

Nous nous félicitons bien évidemment de ce jugement et nous venons d’adresser aux responsables académiques la demande de communication des IPS des collèges de la métropole de Lyon que nous publierons sur ce site.

Mais nous souhaitons aussi profiter ce ce jugement pour revenir sur notre proposition de publication d’un indice de mixité sociale et d’origine des collèges.

Un indice qui prendrait enfin en compte le pays de naissance des parents et grands-parents des collégiens, et un indice qui permettrait de classer chaque collège en fonction de son degré de ségrégation et non plus selon une « position sociale ».

Il y a fort à parier que les collèges bourgeois du centre ville seraient aussi ségrégués que ceux populaires de banlieue.

…Et la solution s’imposerait alors d’elle-même : la mixité par le mélange grâce à la modification des périmètres scolaires.

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